18 réponses à “Aider n’est pas sauver”
Merci pour ce point de vigilance qui nous rappelle notre posture.
“Rester à l’extérieur” du récit de la personne est primordial pour pouvoir l’accompagner au mieux. Nous nous devons de rester très vigilants sur ce point, particulièrement si cela résonne avec notre vécu.
Effectivement j’ai déjà vu un bourreau aborder sa victime en se présentant comme sauveur, puis plus tard quand sa victime a pris du recul sur sa situation et commencé à s’émanciper se positionner lui-même comme victime et traitant la vraie victime de ne plus avoir toute sa tête et d’être manipulée par une secte (la sophrologue et la psychologue en l’occurrence), ce qui n’était pas le cas.
Bonjour
Je refais mon message il ne s’est pas enregistré.Que peut on faire car nous sommes humains et la barrière est fine, pour éviter de passer dans le rôle du sauveur ?
C’est un point qui m’effraye le plus dans les accompagnements. Je me remets en question souvent et pratique le voyage dans le cosmos et hemicorps pour rester bien ancré. Mais la barrière est fine malgré tout.
Auriez vous des conseils ?
MerciBonjour et merci pour votre question, je crois vous avoir répondu en parti dans un autre courriel mais il est essentiel d’éviter toute positon de sauveur en tant qu’intervenant.
En tant que sophrologue vous n’êtes pas habilitée à poser de diagnostic ou à vous substituer à toute formes d’accompagnement médical (psychologie ou autre) à moins d’en avoir les compétences. Travailler en réseau peut être une très belle démarche et surtout bénéficier de supervision.
Souvenez-vous :
– Auto-réflexion continue : Continuez à vous remettre en question régulièrement. La pratique de l’auto-réflexion est essentielle pour rester conscient de vos motivations et de vos limites.
– Supervision et feedback : Recherchez régulièrement des feedbacks auprès de superviseurs ou de collègues. Ils peuvent vous offrir une perspective extérieure et vous aider à identifier des schémas de comportement que vous pourriez ne pas voir.
– Établissement de limites claires : Maintenez des limites professionnelles strictes avec les personnes que vous accompagnez. Cela inclut des limites temporelles, émotionnelles et relationnelles. Soyez clair sur ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire pour eux.
– Encouragement à l’autonomie : Votre rôle est de guider et d’accompagner, non de résoudre les problèmes à leur place. Encouragez les personnes à développer leurs propres compétences et à trouver leurs propres solutions.
– Pratiques d’ancrage : Continuez à utiliser des techniques comme le voyage dans le cosmos et l’hémicorps pour rester bien ancré. Ces pratiques peuvent vous aider à rester centré et à maintenir une perspective claire.
– Formation continue : Continuez à vous former sur les meilleures pratiques d’accompagnement et les dynamiques de pouvoir. La connaissance et la compréhension approfondie de ces dynamiques peuvent vous aider à éviter les pièges du rôle de sauveur.
– Conscience de soi et auto-soin : Prenez soin de votre propre bien-être mental et émotionnel. Plus vous êtes équilibré et centré, moins vous serez susceptible de tomber dans le rôle du sauveur.
– Clarté des objectifs : Rappelez-vous constamment que votre objectif est d’aider les personnes à retrouver leur propre pouvoir et autonomie, non de dépendre de vous.Ces conseils devraient vous aider à maintenir une posture professionnelle et à éviter de passer dans le rôle du sauveur. Restez vigilant et continuez à pratiquer l’auto-réflexion et l’ancrage.
Merci Nathalie, aider n’est pas sauver, accompagner la victime dans une écoute bienveillante à son rythme.
Cette triangulaire est très importante à connaître. Surtout en définissant bien que les rôles sont interchangeables.
La victime qui est prise de pitié ou considérée “inférieure” sera renforcée dans sa position et sur-alimentée en ce sens. C’est là qu’elle peut se retrouver dans une difficulté supplémentaire pour voir ce qu’elle vit réellement, pour se recentrer et envisager des solutions.
L’entourage, notamment en cas de violences familiales, joue souvent ce rôle d’amplification. Je l’ai vécu et l’ai analysé sur plusieurs familles concernées hélas.
Je porte toujours une attention particulière à ce que me dit mon consultant quand il s’exprime sur son entourage/cercle d’amis pour ces raisons-là.
Très intéressant de souligner en effet que le rôle du sauveur peut être endossé par le Bourreau mais aussi par la victime et que ces rôles peuvent évoluer et changer à tour de rôle dans la relation. On pourrait également dire que le bourreau endosse le rôle de la victime quand il se plaint du comportement de celle-ci, je pense surtout au pervers narcissique qui va se plaindre de voir sa victime devenir “hystérique” “folle”, perdre son calme etc.. alors qu’il l’a poussé à bout.
De voir aussi que ce rôle de sauveur peut être endossée par l’extérieur, sans que la personne ne se rende compte qu’elle rentre ainsi dans le triangle dramatique.Tout à fait Amélie.
merci Nathalie pour le rappel du cadre du sophrologue : aider mais pas sauver, pour ne pas entrer dans la triangulaire toxique des relations
Merci pour ce rappel !
Essentiel à se répéter comme un mantra très régulièrement
Merci pour ces explications
Je faisais la distinction aider/soigner en tant que thérapeute. C’est une forme de prolongation propre à cette thématique car face à une situation de danger immédiat, la tentation de rebasculer dans l’aide (aidant et non thérapeute) doit être grande. Merci.
L’écoute est toujours essentielle dans nos suivis.
Bonjour Estelle,
Tout à fait juste, c’est une partie clé de l’approche de la relation d’aide aux victimes de relations toxiques.
Etre aider, oui
fuir les sauveurs : oui
Redonner l’autonomie à la victime en l’accompagnant pour qu’elle se redécouvre avec toutes ses ressources, ses valeurs, ses capacités…
MerciBonsoir Patricia,
C’est exactement cela, accompagner la victime à la conquête de son autonomie tout en respectant son rythme pas à pas. Bonne continuation.
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